No: 24232958AC Chair de l'effacement. La chair, ds le titre, des mains ou " l'vnement d'un visage ", ds les premiers vers, nous sont donns Or, dans ces photographies, pas une image de corps, pas un visage. Un bouton de porte, des rectangles ou diagonales de lumire, des reflets de voilages (l'ombre d'un dshabill), le rebord d'une baignoire, un rideau de douche, une serviette de toilette. Des clats lumineux parpills, scintillants diffracts. Mais partout des tons de chair, une surface comme pidermique : tout est chair quand il n'y a pas un bout de peau dans l'image ; tout est dans l'oeil qui saisit l'image quand le visage est absent. Et le pome de rsonner : " ls de chair ", " temps frmissant ", " empreinte de la disparition motilit du vide ". Il y a une prsence intense dans ces photographies alors qu'elles ne sont qu'ombres et reflets. Il y a " l'ombre porte d'un vis vis ", parce qu'ici s'ensable un arrire pays ", " ici le soi de soi ". A aucun moment dans Chair de l'effacement le pome ou l'image ne s'cartent l'un de l'autre, ils se renforcent, se tissent l'un l'autre. Le pome serait la colonne (dans la mise en page, dj, la verticalit prononce), les photos la chair, de ce que l'on pourrait appeler un livre empreinte, un livre en ngatif, en un beau retournement : d'un effacement tout proclame la prsence, la chair donc " Aussi le chemin le plus court vers le Pome n'est il pas la phrase mais son effacement ". Le Pome en tant que champ (chant) d'une apparition quelque chose, quelqu'un, l. Source : Isabelle Sauvage